Le sort de la planète inquiète les Québécois

Nuage de pollution

Source : SONDAGE SOM - LA PRESSE - LE SOLEIL, Mario Girard, La Presse 23 décembre 2006

Les Québécois demeurent les citoyens au monde les plus préoccupés par l’avenir de leur planète. Avec le temps, ils ont aussi appris que c’est aux pollueurs de payer les pots cassés.

Selon un sondage SOM-La Presse-Le Soleil, 90 % des Québécois sont maintenant convaincus des dangers liés au réchauffement de la planète. Les Américains le sont à 77%, les Français à 51% et les Suisses à 75%*.

Quand on demande aux Québécois s’ils seraient prêts à accepter une augmentation d’impôt pour lutter contre les changements climatiques, ils répondent non dans une proportion de 56%. Ce résultat ne déçoit pas Jérôme Normand, directeur général d’Environnement Jeunesse.

«Je ne suis pas surpris, dit cet écologiste. Viser les impôts, c’est la crainte de tous. Il faut plutôt créer des moyens pour remercier ceux qui font des gestes positifs et songer à des solutions qui cibleront les pollueurs.»

C’est sans doute ce message que veulent envoyer les Québécois quand, dans une proportion de 58,5%, ils se disent «très favorables» et «assez favorables» à une taxe supplémentaire pour les voitures et autres véhicules personnels à grosses cylindrées.

«Quand on regarde la nouvelle politique environnementale, on se rend compte qu’elle insiste beaucoup plus sur l’engagement citoyen, reprend Jérôme Normand. Prenez l’exemple de la taxe imposée aux automobilistes qui veulent se rendre au centre-ville de Londres. C’est vers cela qu’on s’en va et les Québécois l’ont compris.»

Mais pour Hugo Séguin, la bonne nouvelle se trouve dans les 44% de personnes qui accepteraient une hausse d’impôt pour résoudre le problème des changements climatiques. «Pensez-y, c’est une part non négligeable, dit-il. Je trouve cela extrêmement encourageant.»

Vivement l’énergie éolienne

Le sondage aborde également le sujet de l’énergie éolienne. On y apprend que 91% des Québécois sont «très favorables» et «assez favorables» à l’exploitation de cette énergie renouvelable. Ces données réjouissent au plus haut point Hugo Séguin. «Ça démontre qu’on a compris beaucoup de choses, dit-il. Je pense que le débat sur la centrale thermique du Suroît a permis aux gens de voir plus clair.»

On a aussi demandé aux personnes sondées quel serait selon elles le meilleur maître d’œuvre pour le projet éolien au Québec. Alors que 30% ont choisi Hydro-Québec ou le secteur public, 56,4%, optent pour un partenariat public-privé.

«Le fameux partenariat public-privé dans l’éolien, ça demeure encore une question ambiguë pour les écologistes, dit Jérôme Normand. Chose certaine, il y a une expertise québécoise qui s’implante mais il faut rester vigilant quant à son exploitation.»

Des résultats entourant cette question, Hugo Séguin retient qu’une minorité de gens (19%) appuient le secteur privé comme principal acteur dans l’éolien. «En fait, vous auriez dû mettre une quatrième catégorie, dit-il. Celle du communautaire. Les principes mêmes de l’énergie éolienne reposent là-dessus.»

Ce sondage a été réalisé au téléphone entre le 13 et le 20 décembre. Mille entrevues ont été réalisées grâce à un échantillonnage d’adultes représentatif de toutes les régions du Québec. La marge d’erreur se situe à 4,4 points de pourcentage.

  • Sondages réalisés pour le compte de l’Université de l’Oregon (États-Unis), par CSA-Canal+ (France) et par le Département fédéral de l’environnement (Suisse), respectivement.

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